I heard of a Man

1 novembre 2013

Jm RiHET

J’ai entendu parler d’un homme, qui disait des mots d’une manière si belle, qu’il n’avait juste qu’à prononcer leur nom, pour que les femmes se donnent à lui.

Lorsque j’ai l’air d’un idiot, allongé à tes côtés, tandis que le silence fleurit comme des tumeurs sur nos lèvres, c’est parce que j’entends un homme… qui grimpe les escaliers, et s’éclaircit la gorge, derrière notre porte.

L. Cohen

 

La Poésie…

29 septembre 2013

« La poésie, rose qui bourgeonne à la boutonnière du Diable »
Valériu Stancu

Les marges du limpide semblent s’être muées, en d’étranges figures.
C’est une assise mouvante toujours sur la sellette, un message oscillant en collines vers des compréhensions diverses, l’imaginaire ponctué d’hymnes en majuscules où se mêlent en rythme des battements de cœur.
C’est le grand bazar de l’âme, ouvert, en entrée libre, où s’exposent en désordre le plaisir, des armes, du sang et des dentelles.
C’est un livre posé à terre, à la lecture du vent.
La Poésie.

Il y a cette odeur de fin de spectacle imprégnant ce dernier article. Ces quelques secondes avant que ne tremble le lourd rideau rouge de chine qui balaiera les planches, soulevant l’écho des dialogues et la sueur en poussières, à la manière de cette onde qui plane au-dessus d’une salle de cinéma lorsque l’on sait, lorsque l’on devine, l’arrivée du générique et les terribles lumières qui se rallumeront ensuite.
Et les images incrustées dans lesquelles on marchera encore dans la réalité retrouvée.
Il continuera à going on, le Show. C’est le plus important après tout.
On remise dans un coin les décors de toiles peintes, les gélatines aux couleurs passées, question de Lumière, histoire d’ambiance…

Avant de quitter cette scène, cette Galerie de portraits, ne reste qu’à accrocher la dernière de ses toiles.
Celle de Jim.

Jim… de quelle magie ancienne T’es-tu infiltré de la sorte ? Mû par quel mécanisme ?
Pourquoi ? comment ? quelles sont les raisons masquées de ton arrivée dans ma vie se transformant en Quête ?
De quelle perfusion l’essence de ton personnage a fait naître dans mon âme un tel sentiment, dépassant mon imaginaire ?
Pourquoi t’ai-je de la sorte, AIMÉ davantage qu’un Frère ?

Toujours, j’ai eu le sentiment de Toi, de ne pas T’avoir écrit, mais raconté.
Le mince fil entre roman et récit sembla ne jamais avoir existé. J’ai cru plus d’une fois devenir plagieur d’une œuvre chimérique. Offrande à mon angoisse chronique d’une raison d’être de plus, frayeur bariolée de peintures de guerre.

Pour m’immerger ainsi dans Ton histoire, COMME UNE LANGUE MORTE DONT ON LIRAIT LES PAGES.

J’ai eu parfois tant de mal à écrire les autres, les personnages de ta famille de mots. Traçant leurs traits, leur donnant de la voix, les bousculant un peu afin qu’ils bougent dans ces décors changeants, mais Toi…
Toi, Tu parlais tout seul.
Tout fut si facile…
Tes sentiments décrits, toute Ta manière d’être ; de la déglinguerie à cet envol Là-Haut, cette reconstruction entamée Ensemble.
Tout.
Chaque ligne, chaque mot. Ponctués de cris, de déchirures, de sourires ou de doute, jusqu’à ce qui n’appartient qu’à Toi : ce passé effleuré dont Ta pudeur ambiante m’a fait courber l’échine, me forçant souvent au silence, dans la rayure apposée sur plus d’un paragraphe.

Jim, c’est si difficile d’écrire ce portrait. Cette photo au passé déguisé de sépia, qui ne peut dissimuler ce regard volontaire, tourné – déjà – vers d’autres profondeurs. Cela fait des années que je la traine, cette photographie…
Je sais bien, il ne s’agit après tout qu’un Tome 1 dans une histoire, un épisode-racine ; vivant, c’est exactement ça. Toi Tu es vivant. Il me serait si simple de confier ce mal-être à l’ombre de demain, dans l’aurore à venir et ne penser qu’à cela, la suite de l’histoire ; se retrouver là-bas, l’archipel isolé où le Vieux nous attend.

Il me faut pour cela extirper de mon cerveau malade – de cette manière de vivre comme un puzzle renversé – l’Amour et la lueur, la croyance absolue pour ce qu’il nous reste à vivre.
Tout ce que j’ai pu sauver du naufrage et entasser dans la soute de ton Douglas.
En premier, j’embarquerai les plans de ces îles à venir, après avoir brûlé les pages blanches des jours sans toi.

Tu m’as offert cet étrange présent, que je garde dorénavant en point de mire, en reflet plus qu’en ombre.
Cette image de Toi avec mon âme à l’intérieur.

Ce miroir où je peux contempler ma laideur.

Lata – Temotu Province, Santa Cruz Is.
le 22 octobre.

Jm

JM, Jim et le Libraire

1 octobre 2012

Les évènements qui sont relatés dans ce qui va suivre, sont purement RÉELS.
Les lieux et personnages évoqués EXISTENT.
Seules, les identités sont masquées par des initiales, faciles cependant à identifier.
Les interventions de Jim sont de caractère… schizophréniques, disons ça comme cela.

*

Jm :
– Attends… je rentre en premier, c’est moi qui parle, okay ?
Jim :
– Mmh ?
– Ben oui, c’est un peu mon job, là, non ?
God, man… J’peux quand même en placer une aussi !
– Bah, je n’ai pas dit le contraire… mais d’une manière normale, c’est plutôt à moi de présenter le truc, tu vois ?
– Bouaif… go on

Un soleil éclatant éclaboussait la masse de plexiglas et d’aluminium au pan incliné de la Librairie S., au cœur de Montpellier, jouxtant la Place principale.

Un Monument, cette librairie… impossible de passer à côté, tant par sa réputation dans les hautes sphères du commerce-établi-pignon-sur-rue-à-tendance-inamovible, que par sa silhouette.
Architecture flamboyante implantée au seuil même de la galerie commerciale – escalators, sur-éclairage, PolygoneSpaceCenter, mais juste ce qu’il faut de retrait par rapport à cette périphérie populaire : des allures de Temple du Livre, avec une petite terrasse jouxtant savamment un café-restaurant digne d’un Salon de thé Anglais. un Monument je vous dis.
C’est d’ailleurs le premier endroit où je m’étais rendu, un peu avant la publication des Aventures de Jim, en tirant des plans sur cette comète, dont le sillage de réputation pouvait se voir à des kilomètres à la ronde.

C’est comme cela que ça s’est passé :

J’avais embarqué Jim.
Depuis quelques jours il ne tenait plus en place, sautant à pieds joints dans la réalité, froissant les pages d’où il bougeait encore, agité par la sortie de son histoire, sur le papier de la publication.
De ces moments passés ensemble – Auteur et Personnage – j’en tirais toujours une grande satisfaction. Il ramenait des bouteilles et de la bonne humeur, s’asseyait sur un coin du bureau en servant les verres et, je l’avoue, son allure, sa force de caractère teintées d’un je-m’en-foutisme ambiant, arrivaient à me sortir de cette torpeur d’après-publication. Surtout, cela me rassurait de savoir qu’il était toujours là, et pas enterré entre une première et quatrième de couverture.
Mais ce jour-là, je m’apprêtai à jouer une carte dans une partie dont je ne connaissais aucune règle, un monde ignoré, en plein terrain inconnu ; en clair, une prise de risque avec aucun calcul des retombées possibles, sur l’avenir du livre et mon moral d’auteur, aux inclinaisons dépressives.
Mais bon, j’avais embarqué Jim qui « y tenait a-s-b-o-l-u-m-e-n-t, à cette visite ».
Ne vous y méprenez pas, aujourd’hui je sais que ce n’était pas une aussi mauvaise idée que cela, avec un type comme lui à ses côtés, malgré que TOUT puisse arriver, c’est une présence affective sans limite.

On y était arrivé, au pied de l’Antre, en flânant presque. J’avais plusieurs fois souri en le regardant du coin de l’œil, sur le parcours pavé de la jolie place bondée de passants. Certains se retournaient sur notre passage, Jim avait insisté pour garder sa combinaison de vol « On sait jamais ce qui peut se passer dans les endroits que tu connais pas, mon pote ».
J’avais laissé faire, plus préoccupé par ce que nous réservait la suite, que par sa tenue. D’ailleurs je lui vouais un profond respect pour cela, aussi. Il portait son passé mais pas comme un vêtement qu’il suffit d’ôter afin de changer d’humeur, c’était LUI, comme il était en réalité, dans cet espace-temps où il évoluait avec 70 années de retard…

Devant l’entrée de verre aux panneaux coulissants, de derrière un petit pupitre, un type de la sécurité s’est dirigé droit vers moi et mon sac à dos (4 exemplaires du bouquin, un paquet de cigarettes, un peu de monnaie et la flasque de Jim) en jetant un regard soupçonneux vers mon copain et son accoutrement des années 40. « Tu pourrais mettre ton uniforme de cérémonie tu sais ? je suis sûr que ça passerait mieux » lui avais-je confié avant le départ. Ce à quoi, d’un mouvement d’épaules il avait lâché un « Don’t bored me with this… on va pas à un enterrement, non ? »
Je n’avais pas répondu, empêtré dans mes pensées, entre angoisse mêlée de lueurs d’espoir.

Le type de la sécurité donc, à l’entrée de la Grande Librairie S.
– Ah, vous avez des livres, je vais devoir les marquer pour…
– Ne vous donnez pas la peine, Monsieur, on ne les trouve pas dans le commerce, en fait je viens les proposer à la vente et…
– C’est quoi ton grade, mon gars ? demanda poliment Jim en regardant l’insigne du garde.
– Attends Jim, Monsieur est civil, il fait son boulot pour la sécur…
– Hein ? Mais vous parlez à QUI ?
– Excusez-moi, je me faisais une réflexion à voix haute.
– Bon, vous êtes là pour quoi au juste ?
– Voilà, je suis auteur et après des contacts par mail je viens proposer une séance de dédicaces dans votre librairie.
– … ? Vous êtes attendu, alors ?
Jim s’engouffra dans la Librairie S., avec le bruit de l’air comprimé venant d’ouvrir les portes, en lançant un « Je pars en reco' » retentissant, pendant que je tentai d’expliquer au garde que oui, en quelque sorte, je devais rendre visite à un responsable au sujet de cette séance de dédicaces sollicitée.
– Z’êtes un peu bizarre, vous. Pas de bordel à l’intérieur, hein ? Vous ai à l’œil…

Je rentrai à mon tour dans la Grande Librairie, avec une seule chose en tête, repérer la silhouette de Jim au pays de la civilisation.

Dernières nouveautés, tête des ventes, Romans, Poésie, littérature étrangère, jolis panneaux indicateurs d’un vaste labyrinthe. Dès les premiers mètres, le ton est donné : ici se trouvent des milliers d’ouvrages.
La Grande Librairie S. s’étend sur plusieurs étages, des niveaux dont les murs semblent tenir, grâce aux piles de livres qui composent l’endroit. Ici se côtoient toutes les éditions prestigieuses, tous les formats, du poche aux Beaux Livres dont les couvertures somptueuses rivalisent de brillance, bijoux de papier lustré, noms d’auteurs au chiffre de vente suffisant pour vous laisser un léger vertige, qu’un vendeur de rayon spécialisé se chargera bientôt de dissiper. Amabilité presque chuchotée, feutre dans le glissement des pas, sourire courtois de rigueur.
– Puis-je vous renseigner ?
– Non, non, c’est gentil, je cherche un ami. Dis-je en ne cessant de balayer du regard les mètres carré du Royaume, de l’accueil aux escaliers, des présentoirs aux rayons, du parquet aux boiseries. Je commençais à mesurer la difficulté de la tâche à accomplir dans ce genre d’endroit, moment pourtant rêvé quelques semaines auparavant, regardé d’un angle différent aujourd’hui.
Je quittai le vendeur de l’espace « Poche » et décidai d’opter pour l’étage supérieur, connaissant l’attirance de Jim pour tout ce qui se trouve en altitude. Je choisi donc de grimper l’escalier de gauche, plutôt que de descendre celui de droite qui filait dans les profondeurs du Temple. Arrivé à la dernière marche, je me retournais pour apercevoir le vendeur « Poche » tendant l’oreille vers le garde de la sécurité qui, de toute évidence, « m’avait à l’œil ».
À l’étage, même décor livresque. Savamment disposés, de l’histoire de l’Art à la Science politique en passant par la Philosophie Moderne, Économie, Religions, Sciences sociales, Histoire, Géographie, Voyages, les ouvrages amoncelés recueillaient des lecteurs attentifs, plongés dans la lecture, la recherche d’un ouvrage, la flânerie, mais … pas de Jim.
Je fis deux fois le tour de l’étage pour finalement redescendre l’escalier, où je bousculais le garde à la carrure impressionnante – mais peut-être fut-ce l’étroitesse du passage – essoufflé sous sa casquette, et le regard mauvais.
Rez-de-chaussée. Je repassai devant l’accueil, fis une fois encore une panoramique de l’entrée, toujours rien. Jetai un regard vers l’escalier menant au sous-sol – non, je le vois mal descendre, ‘sais pas pourquoi – pour me diriger à l’extrémité du hall, là où le panneau POÉSIE – rayé d’office par mon radar – trônait au-dessus de rayons qui m’apparurent moins éclairés, plus dissimulés peut-être, un effet cosy-corner très réussi.

Jim.
Un livre.
Une larme.
Une vision étrange, composition forte de mon copain de mots et d’émotions, sa joue mouillée, me laissa quelques secondes dans une grande perplexité.
Je m’approchai.
– Hey, Jim, ça va ?
– Ah, Son, that’s great. À chaque fois ça me bouleverse ce truc…
– Tu … lis quoi ?
– Écoute ça :
Twelve hundred years
Or thereabouts.
Did the wine do it?
I would sit in the purple moonlight
And drink three hundred cups,
If I believed it.
Three hundred full cups,
After your excellent fashion,
While in front of me
The river dazzle ran before the moon,
And the light flaws of the evening wind
Scattered the notes of nightingales
Loosely among the kuai trees.

Jim reniflait en lisant le passage, il était très ému, touché de poésie.
Fuck ! That’s it ! Its SOUNDS U know ?
– … ouais, c’est très beau. C’est de qui ?
– Amy Lowell, mon pote. Une fille vraiment bien. L’a eut que des emmerdes, tu sais ? Elle vivait avec une femme, au 19ème… Puritanisme, bonne famille, tout le truc… que des emmerdes je te dis.

Il arrivait toujours à me surprendre, c’est aussi ce que j’aimais chez lui.
Après avoir délicatement reposé le petit livre à sa place, il me lança un sourire éclatant, posa sa main sur mon épaule.
– Allez, l’écrivain, on y va à cet entretien ?
– euh… oui, oui. On y va.
– T’inquiète, JM, je serai SAGE ! AH AH AH !

Retour à l’accueil où j’avisai un homme renseignant un client, attendais mon tour avec Jim. Les mains dans les poches de sa combinaison de vol, il fixa le garde de la sécurité et lui fit un clin d’œil que l’autre ne sembla pas relever.
– Monsieur ?
– Oui, bonjour. Voilà, j’ai eu des échanges de mails avec Mme P., au sujet d’une dédicace.
– Madame ?
– Madame P.
– Je ne connais pas cette personne.
– … ah. Bon.
– Mais c’est peut-être au Siège. Que puis-je pour vous ? Une dédicace dites-vous ?
– Oui, je suis auteur et viens d’être édité, comme j’habite maintenant la région, je…
– Ouhla… mais avant de faire une séance de dédicaces, il faut avoir vendu beaucoup d’exemplaires.
– Justement, je suis ici pour me faire connaitre. C’est mon premier roman et je…
– Non, non. On ne fonctionne pas comme cela. Nous accueillons les auteurs qui sont appuyés par une couverture médiatique conséquente, presse, rad…
– C’est pour cela que je suis ici, avant de démarrer la promotion, je cherche une librairie qui pourrait m’accueillir et indiquer ainsi aux médias régionaux l’évènement.
– … ah ah ah ! Permettez-moi de vous dire que ça ne se passe pas ainsi. C’est quoi votre bouquin ?
– C’est mon premier roman, comme je disais et…
– Vous l’avez là, ce livre ?
– euh, oui, oui… le voici.

Toujours sous l’œil suspicieux du type de la sécurité – je me faisais l’impression d’être celui qui sort une arme de son sac – je remis précautionneusement au libraire, un des quatre exemplaires encore sous plastique, que je destinai à un envoi postal pour des membres de ma famille, loin de me douter de la suite des évènements.
Le type prit le bouquin, le retourna sous tous les angles, puis entra dans l’ordinateur son code ISBN.
– Ah… C’est une édition Canadienne…
– Oui, les Éditions Dédicaces.
– Je ne connais pas.
– Elles existent pourtant.
– Peut-être, jamais entendu parler.
– C’est une nation ALLIÉE ! intervint Jim qui venait de s’avancer.

Le type continuait.
– Mais je n’ai rien contre… simplement, je ne connais pas.
Il tourna quelques pages, lu des lignes au hasard, que je déchiffrai parfaitement, même à l’envers. Ce livre, mon livre, je l’avais lu et relu depuis sa parution, j’en connaissais tous les passages, ses imperfections aussi, et des morceaux d’histoire qui trouvaient encore le moyen de m’émouvoir, même après tout ce temps.
– Hum… la mise en page… c’est vous qui l’avez faite ?
– Comment ça ?
– Bien. Voyez : on ne surcharge pas les pages ainsi. Le début des chapitres se doit d’être plus aéré. Cela fait gagner de la place à l’imprimeur, remarquez…
Il tourna encore des pages, je me demandai s’il n’allait pas flairer le papier, comme pour y trouver une mauvaise odeur quelconque.
Il tomba en arrêt sur une phrase et fronça des sourcils.
– « je suis grimpé »… ce n’est pas français, ça.
– Hm ? Si. Je suis sûr que c’est correct.
– Si cela est correct, je ne sais pas parler français, alors…
– Ah Jesus Christ… je le dis toujours, tout le monde me comprends, non ? C’est qui ce type, JM ?
– Laisse, Jim… Monsieur se renseigne sur l’ouvrage, rien d’anormal… Je maintiens pour « je suis grimpé », affirmai-je en me repassant le verbe à tous les temps, sentant des gouttes de sueur qui trahissaient mon énervement grandissant.
Puis le type se fendit d’un sourire. Cela se reproduit à la lecture d’autres passages, tandis que j’adressai une prière muette à tous les écrivains que j’adorai, tous les auteurs qui m’avaient refilé ce virus.
Écrire.

– Y va pas lire tout le truc, quand même ? C’est qui ce c… ?
– Tout okay… keep quiet, all is fine.
– Pardon ?
– Non, non, rien…
Puis, en retournant une fois de plus le livre :
– Ce que je peux vous proposer, c’est d’en prendre quelques exemplaires. Vous en avez d’autres ?
Je balbutiai en extirpant du sac les 3 autres exemplaires.
– Oui ! Tenez.
– Venez avec moi, nous allons remplir un bon. Comment ça va, Georges ?
Le type à la casquette opina avec un sourire niais, visiblement déçu de ne pas avoir à nous expulser.
– Hey Georges ! Relax man. Ajouta Jim en esquissant des petits pas à la manière d’un boxeur sur le ring…

**

À l’étage, nous gagnâmes un petit bureau, îlot encombré au milieu de la littérature estampillée « Roman ».

– Bien, alors… combien il le vend, votre diffuseur, ce livre ?
– Mais je n’ai PAS de diffusion. C’est pourquoi je suis là, je fais l’auto-promotion de mon œuvre, quoi…
– Mais il y a bien un prix de vente, de fixé ?
– Facile, il faut aller sur …Lulu.com par exemple, on voit qu’il est dans les 16 euros.
– Sur quoi ?
– Lulu.com. Tout le monde connait !
– Pas moi. L-u-l-u-point-com, le type pianota sur son clavier, avec un petit sourire en coin que je n’ai pas trop aimé, pendant que Jim émit un grognement de mauvaise augure.
– Je ne trouve pas votre livre.
– Essayez sur le site de l’éditeur, alors : dédicaces.
– D-é-d-i-c-a-c-e-s… Ah oui. Mais, c’est en dollars ? En dollars canadiens…
– Vous le trouverez en euros, aussi.
– Je ne trouve pas.
– Ben… je sais pas, ouvrez un convertisseur de devises, je sais pas, moi…

C’est Jim cette fois-ci, qui a senti l’onde de nervosité commençant à envahir l’endroit, crispant mes traits et dilatant mes narines. En vétéran habitué à des situations de danger, il avait flairé la tension et le cran qu’elle venait de franchir sur mon échelle personnelle. J’ai senti sa présence comme jamais auparavant.
Le type derrière le bureau pianotait sur sa calculatrice.
– En fait, votre livre, il est affiché à 15,89. En euro, bien entendu.
– Oui, c’est à peu près cela.
– Non, il n’y a pas « d’à peu près ». En France, il y a des lois : l’ouvrage doit être vendu partout au même prix. C’est la Loi.
– Je ne savais pas… je n’y connais rien et vous l’avez deviné. Je n’ai pas de problème pour le reconnaitre. Aucun. Si vous le dites…
– Bien sûr ! Et je l’affirme ! Je connais mon travail !
– HEY ! Je n’ai JAMAIS dit le contraire !
– Fuck ! On n’est pas là pour avoir un cours de droit, mec ! Go to hell, bud !.
– Calmez-vous, s’il vous plait. Et ne haussez pas le ton. Reprenons : votre livre se vend sur…internet. Vous n’avez pas de diffuseur, vous commandez vos propres ouvrages ? C’est un peu… risqué comme démarche, vous vous en rendez compte ?
– Oui… je les achète moi-même. Écoutez, Monsieur-le-Libraire-de-la-Librairie-S., ces bouquins, moi je me suis fait un plaisir en imaginant qu’on pourrait les trouver ici, dans votre établissement. C’était naïf, je m’en rends compte à présent, tout ce que je voudrais, c’est en laisser quelques exemplaires. Je ferai de la pub sur le net, mon éditeur m’y aidera. Je ne demande rien d’autre. On oublie la séance de dédicaces, tout le bazar de promotion, tant pis pour moi, pour vous peut-être, bref… on oublie. Maintenant, si c’est trop compliqué pour vous, on va pas continuer à perdre NOTRE temps, finissons-en…
Yeah… faut en finir. ajouta Jim.
– 35.
– … Quoi ?
– 35%, c’est la commission du libraire.
– … 35 …pour cent ? Non, Jim… attends… Agrippé à la combinaison de vol, les articulations blanchies sous l’effort, je faisais le maximum pour empêcher mon héros de sauter par dessus le comptoir et « d’en finir » à sa manière.
– Comment voulez-vous que je vive ? Il faut penser aux libraires, c’est partout pareil ! Trouvons un prix de vente, de manière à ce que… hem, vous gagniez un petit-quelque-chose dessus, je ne sais pas, moi… Dites-moi un chiffre ?
– Ah Seigneur, j’hallucine… je ne sais même pas combien je l’achète exactement, mon bouquin, avec la réduction, tout ça… et vous me demandez de fixer un prix, en sachant que, sur cette somme, 35% vont être prélev…
JM, come on… Fuck this son of a bitch.
– Attends, Jim, j’ai pas fini.
– Vous dites ?
– Je pense à voix haute. OK, on va trouver un prix pour pas que je continue à PERDRE DU FRIC pour un truc sur lequel j’ai BOSSÉ, comme si ma vie en dépendait. Mais on va pas faire les épiciers : 20 euros. Vous prenez vos 35% de mes deux, et on en parle plus. Je me charge de la promo, que « l’Extraordinaire Librairie S., le Temple du bon goût littéraire, la Mecque du papier relié » a l’extrême obligeance dans sa plus grande bonté de vendre un de mes livres, je me démerde pour que la presse, la radio, internet, relaient l’info et le nom de votre établissement.
– 19.90. Pour ne pas dire « 20 ».
– JE SIGNE OÙ ???!!!

***

En sortant, le sac à dos allégé de 4 bouquins, on a mis le cap sur le bar le plus proche, pendant que Jim me tendait la flasque. On s’est assis à une petite table, juste en face de la Lib… de la Cathédrale S., j’avais la tête d’un pèlerin épuisé.

– Passe moi la flasque, tu veux bien ?
– Tiens, mon JM, faut pas t’en faire pour ça.
– T’es marrant… Tu vois pas toute la difficulté du truc ? Qu’est-ce que je vais bien pouvoir en FOUTRE des 75 bouquins que j’ai payé de ma poche ? J’ai claqué mes dernières tunes dedans, merde !
– Hey… don’t worry, on va trouver un moyen, il y toujours une solution, non ?
– Tu en vois, toi ? Des solutions ? Je commençai à taquiner la flasque sérieusement et allumai une Camel. Jim embraya.
Shit !Tu m’as toujours sorti de la poisse, dans ce bouquin. Tu as trouvé tous les moyens possibles et inimaginables pour que je me soigne, que je récupère un zinc et plus que ça : tu me dois encore la suite d’une histoire, ce qui veut dire que je suis encore VIVANT. Pas momifié dans les oubliettes de chapitres. Donc j’ai confiance.
– C’est gentil de me dire ç…
– Nââânnn, JM, c’est pas GENTIL, c’est juste la réalité. C’est toi qu’est TROP gentil. On va le faire, ce truc, comme on l’a fait pour en écrire le début : ENSEMBLE. Y a pas de prix pour ça, tu piges ? Et puis souviens-toi : qu’est-ce qui disait, le Vieux ? Hein ? La peur, le doute, tout le tremblement… ? Ben on va faire pareil. Tous les deux. Pas plus compliqué que ça.

Le soleil avait décidé de se joindre à l’évènement. Il tapait droit sur le plexiglas de la Librairie S. et aveuglait nos regards.
Lorsque le serveur s’approcha de la petite table, il ne trouva qu’une cigarette mal éteinte dans le cendrier et une feuille papier roulée en boule à l’effigie de la Grande Librairie.

JM Rihet.

Ailes – 1 – Elles

16 septembre 2012

Elles…

Susie Bain

C’est ce regard, ce regard-là qui a provoqué, déclenché l’envie de rédiger cet article.
Ce regard, je le connais. C’est le même que l’on peut croiser d’autres yeux. Intensité identique et, au travers d’une émotion embuée, la Passion intacte.
C’est dans le rayon « Émotion » des archives que je suis retourné fouiller. Soulevant quelques poussières qui semblaient protéger de leur fine pellicule, ces regards à jamais lumineux.

Elles…
Pas envie de prolonger davantage l’introduction de cette page, juste aller à l’essentiel. L’essentiel, pour les données appartenant à l’Histoire, se résume à un mot, fait de quatre initiales : W.A.S.P.
Jeu de mot aussi, wasp voulant dire Guêpe.
Women Airforce Service Pilots, une unité à l’histoire peu banale, liée étroitement à la condition féminine, son émancipation sociale.
Tout commence en 1941, lorsque deux femmes, Jacqueline Cochran et Nancy Harkness Love, proposent leur service dans l’armée de l’air, pour effectuer des vols de convoyage…

Jacqueline « Jackie » Cochran

Nancy Harkness Love

Formées sur appareils de chasse en Angleterre en 1940, elles rentrent aux États-Unis, sous l’impulsion d’Eleanor Roosevelt – première Dame des États-Unis – qui appuiera leur demande d’être affectées au sein de l’Armée de l’Air, malgré les réticences de l’État Major. Hors, après l’attaque de Pearl Harbor, en décembre 1941, les Américains rencontrent de sérieuses difficultés à réunir un effectif conséquent de pilotes. Les deux femmes seront à la tête d’unités distinctes, le Women’s Flying Training Detachment (WFTD) et le Women’s Auxiliary Ferrying Squadron (WAFS), mais c’est en 1943 que les escadrons fusionneront, pour ne faire qu’une seule unité, dirigée par Jacqueline Cochran.
Les WASP sont nées.

Jackie Cochran en instruction

« Les membres du WASP sont des employées de la fonction publique et ne reçoivent pas à ce titres d’avantages militaires, contrairement à leurs homologues masculins. D’autre part, elles ne sont alors pas administrativement liées à l’Armée de l’Air et peuvent donc démissionner à tout moment après la fin de leur formation, bien que peu l’ont fait. » (Wikipedia) Il faut préciser qu’à cette époque la représentation de la Femme participant au programme de guerre se résumait à cela :

Puis, peu à peu…

Poussé par les retombées médiatiques sur l’opinion publique, le programme WASP se développe, la militarisation du programme est en cours. Instruction, formation des pilotes, en avril 1943, 28 Femmes pilotes seront diplômées. En dépit de la désapprobation grandissante du Ministère de l’Air, elles continueront coûte que coûte à braver les obstacles, s’acharneront à rejoindre les rangs des Guêpes, dans une quête identique : voler dans le Ciel.
Plus que des mots, les images parlent parfois tellement mieux…

Willa Brown

Eleanor Feeley Lawry

Elizabeth L. Gardner

Cornelia Clark Fort

Barbara Jane London and Evelyn Sharp

Virginia Mae Hope

Betty Gilles

Amelia Earhart

Frances Green, Margaret Kirchner, Ann Waldner et Blanche Osborn

Mais la belle histoire des WASP se heurte à un puissant lobbying, l’administration aux Armées voit d’un très mauvais œil les budgets alloués à l’unité, malgré l’engouement de la population et la qualité des pilotes formées…

« Le Département de la Guerre, cependant, s’oppose à une telle décision. Au lieu de cela, il préfère que les femmes soient intégrées au sein de la WAC (Women’s Army Corps) et donc ajoutées aux quelque 2 000 agents déjà affectées.
Le 21 juin 1944, le projet de loi de la Chambre des représentants de donner le statut militaire au WASP est enterré après la fermeture de certaines écoles de formation de vol civils et d’un puissant lobbying. La commission de la Chambre sur la fonction publique avait en outre signalé le 5 juin qu’il considérait le WASP comme inutile, injustifiablement coûteux et a recommandé que le recrutement et la formation des pilotes féminins devait être interrompu.
Malgré le militantisme de Jacqueline Cochran, le général Arnold, qui avait été un promoteur de la militarisation dissout le WASP le 20 décembre 1944.
Il prononce un discours à l’aéroport de Sweetwater, le 7 décembre 1944 : « Le WASP a rempli sa mission. Son travail a été une réussite. Mais, comme c’est habituel en temps de guerre, le coût a été lourd. Trente-huit WASP mortes tout en contribuant à ce que leur pays se dirige vers la victoire finale. Les forces aériennes se souviendront longtemps de leur service et leur sacrifice ». (source . Wikipedia)

Il faudra attendre 1977 pour que les dossiers du WASP soient déclassifiés. Le Président Jimmy Carter signe un texte de loi reconnaissant aux membres du WASP, un statut militaire.

1984, chaque membre reçoit la Médaille de la Victoire et la distinction American Theater Ribbon/American Campaign Medal.

Mais il faudra attendre 2009 et le Président Barack Obama au Congrès des États-Unis, pour que soit remise au WASP, la Médaille d’Or du Congrès.

Ce qui me semble fascinant, c’est ce regard évoqué au début de l’article, croisé au fil des photographies. Ces visages, cette même lueur, intacte. Cet identique regard qui a traversé les années.

Peut-être que c’est cela, la Passion…

Le roman est disponible sur la plupart des sites de vente en-ligne.
Format e-book et papier.

Laisse le Vent du Soir Décider, roman publié aux Éditions Dédicaces est maintenant disponible.
Un large extrait est en lecture à partir des sites suivants :










 

  Hommage à un homme pour qui j’ai beaucoup d’estime. Bill fut l’un des premiers vétérans avec lequel j’ai pu entretenir une correspondance, et dont l’amabilité et le soutien furent d’un encouragement constant, durant les derniers mois d’écriture d’un roman.

  Plus qu’un article saluant son travail, plus que l’hommage rendu dans cette série « WW2 Pacific Photographers », j’ai beaucoup d’émotion à lui dédier cette page.

William G. Roy – Fairchild Aerial Camera

  Une autre personne à qui je dois beaucoup, Ami de Bill également, et sans qui je n’aurais pu vivre cette rencontre, c’est Mr Don Moore. Ainsi, cet article lui est également dédié.

Don Moore

  Pour parfaire l’hommage à ces deux personnages, le photographe-vétéran et le journaliste, j’ai proposé à Don d’écrire la traduction d’un de ses articles parut il y a deux ans, article consacré à… William « Bill » ROY… (Article original de Don en lecture sur cette page.)

For Don & Bill

Jm

William G. ROY, l’homme du Yorktown

Bill Roy avait 21 ans lorsque le porte-avion USS Yorktown sur lequel il était affecté, fut envoyé par le fond, touché par un sous-marin Japonais lors de la Bataille de Midway le 7 juin 1942. Midway fut la bataille déterminante de ces six premiers mois de guerre dans le théâtre du Pacifique. Entrée en guerre des États-Unis, après que la flotte américaine fut bombardée par les Japonais le 7 décembre 1941, à Pearl Harbor. Midway scella la destinée de la Flotte Impériale Japonaise et stoppa son expansion vers l’ouest.

  Tout a commencé avec l’attaque sur le Yorktown, le 4 juin 1942. L’apogée de la Bataille se déroula le lendemain, lorsque trois porte-avions Japonais, l’Akagi, le Kaga et le Soryu, furent coulés par une flottille américaine nettement inférieure en nombre de bâtiments. Le jour suivant, le quatrième porte-avions Japonais, le Hiryu, fut envoyé par le fond suite à l’assaut de l’aviation Américaine. La Guerre du Pacifique venait de basculer en faveur des forces Alliées.

IJN Akagi – manœuvre d’évitement

IJN Hiryu

  Bill Roy à grandit à Lake City, Floride, près de la limite avec l’État de Georgie, dans les années 30. Après avoir quitté l’école secondaire en 1939, il s’embarqua. En 1940, il reçut sa première affectation à bord de l’USS Arkansas, comme membre d’équipage détaché aux machines. Juste avant le début du conflit, il fut diplômé de l’École des photographes de guerre, à Pensacola.

William G. Roy, PHOM,1/C USN – 1943 – École de Photographie de la Marine

  En novembre 1941, Bill Roy fut nommé à bord du Yorktown, comme photographe. Il avait la charge de filmer les activités à bord du navire avec un appareil Speed Graphic et une caméra Mitchell 35mm. Peu après avoir reçu son affectation, le Yorktown mis le cap sur les îles d’Hawaii.

Speed Graphic

  Au moment où le Yorktown achevait sa dernière boucle au large du Canal de Panama, Pearl Harbor était bombardé. Des sous-marins ennemis attendaient le porte-avion qui croisait en pleine mer, accompagné de ses navires d’escorte. Il s’en tira cependant indemne, et pris à son bord un contingent de Marines à San Diego afin de les débarquer sur les îles Samoa.

  Roy se souvient :

  « Début janvier 42, on retourna à Pearl Harbor. Sur le Yorktown, on aurait pu entendre une mouche voler… Chacun se tenait silencieusement sur le pont, à regarder toute cette huile qui recouvrait la mer. Le plus impressionnant, c’était les trous que les bombes avaient laissé, et les carcasses de nos destroyers tout le long des quais. »

    Après avoir ravitaillé, le Yorktown fit route vers les îles Marshall et les îles Gilbert, dans le Pacifique Sud. Nos avions embarqués attaquèrent des avant-postes Japonais sur Juluit et Mali, dans l’archipel des Gilbert.

   Le Yortown effectua également trois raids sur l’Île de Tulagi dans les Salomons. Les Japonais tentaient d’y implanter des forces et essayaient d’établir un barrage pour tout le Pacifique Sud, nous barrant l’accès à l’Australie. Au même moment, les appareils Japonais bombardèrent Port Darwin au nord de l’Australie dans l’espoir d’y tenter une éventuelle invasion.

  Des navires Japonais infligèrent une cuisante défaite à la flotte Britannique, lors de la Bataille pour le passage de Java. La conséquence, c’est que les Alliés n’eurent plus aucune flotte capable d’empêcher des troupes Japonaises de débarquer en Australie.

  « Alors on se pointa dans la Mer de Corail, avec la Force 17 et l’Amiral Frank J. Fletcher à son commandement – Raconte Bill – Il y avait aussi le porte-avions Lexington. On recevait les informations des mouvements de bâtiments ennemis, par les gardes-côtes Australiens. Les Japonais avaient trois porte-avions : le Shoho, le Zuikaku et le Shokikiu avec lesquels ils acheminaient leur support aérien pour attaquer les forces Aliées sur Tulagi et Port Moresby. »

À 8 heures du matin le 7 mai 1942 des appareils de reconnaissance du Yorktown repérèrent deux porte-avions Japonais et quatre croiseurs lourds en Mer de Corail. Le Lexington lança 2 groupes de chasseurs, 28 bombardiers en piqué et une douzaine de bombardiers torpilleurs contre l’ennemi, à 175 miles de là, au nord est des Îles Louisiade. Le Shoho fut coulé pendant ce combat.

USS LEXINGTON, RANGER, YORKTOWN, ENTERPRISE

  Le lendemain, les deux flottes se firent face, sans pouvoir cependant être en vue l’une de l’autre. Le Yorktown lança 24 bombardiers, 6 chasseurs et neuf bombardiers torpilleurs. Le Lexington en fit autant.
Les meilleurs et les plus expérimentés des pilotes Japonais, dont certains avaient participé à l’attaque de Pearl Harbor, décollèrent des ponts du Shokaku et du Zuikaku pour foncer sur le Yorktown et le Lexington. Ils touchèrent sérieusement le Lexington. Le Yorktown fut touché lui aussi. Le Lexington était en feu et prêt à exploser à cause des émanations de carburant dont les soutes à réservoirs se trouvaient sous le pont. À 4 heures du matin, il agonisait.

USS Lexington touché par l’aviation Japonaise

L’Amiral Fletcher décida d’abandonner le Lexington, véritable bombe flottante. À 6 heures, les 1, 200 hommes d’équipage furent recueillis par les destroyers et les croiseurs qui cerclaient autour de la position. l’épave du Lexington fut coulée par un destroyer Américain.

Sabordage du Lexington

« J’ai fait des photos du Lexington qui sombrait, du pont du Yorktown – explique Bill – j’ai utilisé une caméra et un appareil de prise de vue aérienne avec un téléobjectif ».

Fairchild Aerial Camera

Fairchild K20

« Le Yorktown était vraiment dans un sale état. Touché par la bombe d’un bombardier en piqué qui endommagea sévèrement sa structure et détruit pas mal de compartiments en dessous du pont. Le Capitaine Elliott Buckmaster, pilote, avait manœuvré de telle sorte qu’il pu échapper à 8 torpilles qui passèrent toutes près des flancs du navire, comme des poissons mortels de métal.

Lexington de l’USS Yorktown


L’importance de la Bataille de la Mer de Corail, c’est que cela stoppa l’avancée Japonaise et l’invasion de l’Australie, et empêcha la participation de trois porte-avion ennemis à Midway. Le Shoho coulé, le Shokaku et le Zuikaku durent retourner au Japon pour réparations. Les Japonais venaient de perdre les fleurons de leur flotte. »

Lorsque le Yorktown retourna à Pearl Harbor, après la Bataille de la Mer de Corail, le système de refroidissement était HS et le dégât provoqué par les bombes n’arrangeait rien. Les réparations devaient prendre au moins 90 jours avant de reprendre la mer.
 » Vous avez 72 heures pour le réparer, j’ai besoin du bâtiment » dit l’Amiral Chester Nimitz, responsable de l’ensemble de la flotte du Pacifique. 1, 200 techniciens arrivèrent à bord du Yorktown et l’ensemble de l’équipage travailla jour et nuit – on reprit la mer 72 heures plus tard… »

Extrait Rapport officiel dommages

Yorktown à quai pour réparations – Pearl Harbor, mai 1942

Puis ce fut le fameux raid Doolittle qui devait changer les plans de la Flotte Impériale Japonaise. En mar 42, le Lieutenant Colonel Jimmy Doolittle et 16 B-25 Mitchell bimoteurs, décollèrent du pont de l’USS Hornet pour bombarder Tokyo et d’autres villes du Japon. Quatre mois seulement après l’attaque de Pearl Harbor.
Même si le Raid Doolittle ne causa que des dommages inconséquents, il eut pour effet que le Haut Commandement Japonais misa davantage sur la défense.

L’exploit du Raid Doolittle, faire décoller 16 B-25 du pont d’un porte-avion…

  Pendant que le Yorktown quittait Pearl Harbor, le 30 mai 1942, l’Amiral Yamamoto et sa flotte de 160 navires se préparaient à nous asséner le coup de poing qu’ils pensaient final. La Flotte Américaine ne comptait que 76 navires… Mais ce qui fut stratégiquement déterminant, c’est que nous avions cracké leur code de communication et qu’on savait où ils se trouvaient…

  Le 4 juin 1942, le Yorktown avait parcouru 1, 200 miles depuis Pearl Harbor et se trouvait au nord est de Midway, lorsque nous fûmes attaqués par des appareils ennemis, à 10h20 du matin. 3 bombes percutèrent le navire tout juste réparé.

  Bill explique :

  « La première bombe tomba près de l’ascenseur nº2, pulvérisa une batterie d’artillerie de 40mm et ses servants. La seconde bombe passa sous la cheminée et explosa sous le pont, détruisant toute la chaufferie. La troisième percuta le pont juste en face de l’ascenseur avant, perfora le navire jusqu’au quatrième sous-sol, à proximité des aires où on entreposait les bombes, et le carburant pour les avions. Le Yorktown cette fois était à l’agonie. Alors que la fumée s’élevait du bâtiment, les blessés étaient transportés sur le pont pendant qu’on tentait de remettre les batteries d’artillerie en état. »

  Tout cela, Bill l’a photographié et filmé :

La célèbre photographie prise par Bill Roy, après l’attaque sur le Yorktown.

Photo-montage de 2 clichés pris par Bill

  « On a réussi à faire fonctionner ce qui restait de nos machines et, péniblement, le Yorktown se remit en marche. On était à 20 nœuds lorsque les bombardiers-torpilleurs Japonais sont arrivés. nos chasseurs ont décollé au beau milieu de l’attaque et ont abattu la plupart des avions ennemis, mais 2 torpilles frappèrent notre navire…
La première torpille toucha la coque juste devant moi, en plein milieu du navire, à ce moment j’étais monté sur une passerelle à 50 mètres au-dessus du pont pour prendre des photos. Lorsqu’elle a explosé, elle ébranla le navire et le souffle me renversa. La seconde torpille explosa à l’arrière du Yorktown. Le Yorktown tangua et accusa très vite une gîte de 28º. C’était foutu, le hangar où on entreposait les zincs était déjà sous la ligne de flottaison »

  Il était de plus en plus difficile de marcher sur le pont. Le Capitaine Buckmaster chargé d’évaluer les dégâts déclara que le navire allait se renverser. Le bâtiment était anéanti, immobile, plus aucun armement était opérationnel. Il fallait abandonner le Yorktown.

  Les 2 250 officiers et hommes de bord durent sauter à l’eau. Bill en fit autant.

  « J’avais 3 bobines de film de 35mm que j’avais glissé sous mon gilet de sauvetage, ils étaient dans des petits containers étanches. Des cordes avaient été jetées par dessus le bastingage, il y avait un type qui travaillait au mess, il ne pouvait pas nager car il s’était empêtré dans les filins. Je l’ai aidé à démêler les cordes puis on a sauté ensemble dans la flotte. Je l’ai ensuite aidé à rejoindre un canot de sauvetage.

  « On avait tous du mal à respirer à cause des fumées qui émanaient de l’huile échappée des réservoirs, maculant l’eau. À cause du vent et des vagues, on était sans cesse ramenés vers la coque du navire, de temps à autre, une embarcation à moteur venait secourir une poignée d’entre nous, pour nous emmener sur le destroyer Hammann. J’étais épuisé et noir d’huile. »

  Le jour suivant, Bill remis ses 3 bobines de film à un jeune photographe qu’il connaissait à bord du croiseur lourd USS Astoria, qui vint accoster le destroyer Hammann, afin de prendre en charge les blessés. Le lendemain, 5 juin, le Capitaine Buckmaster demanda des volontaires pour retourner à bord du Yorktown afin de tenter le tout pour le tout pour récupérer le navire. 29 Officiers et 141 marins se portèrent volontaires.

  « J’étais l’un d’eux. J’ai pensé que c’était mon devoir. J’ai cru qu’on pouvait y arriver. J’aimais ce bateau. On a fait du bon boulot les 24 heures suivantes,repoussant les feux à l’avant du navire, les tubes d’artillerie furent coupés et on balança même des appareils par-dessus bord, afin de corriger la gîte. Le destroyer Hamman restait à l’accostage sur un des flanc et participait à la tentative de sauvetage avec ses pompes »

  « Et puis soudain, 3 torpilles touchèrent notre bâtiment… tirées par un sous-marin Japonais de type i-168 qui rôdait dans la zone depuis deux jours. La première torpille heurta le Yorktown, le choc fut épouvantable et l’explosion déchira littéralement l’Hammann en deux, projetant ses marins à la mer. »

 

Bill fit trois séries de clichés alors que le destroyer Hammann sombrait, avec ses marins grimpant le long de l’épave. Lorsque la poupe du navire s’enfonça dans la mer, les charges de profondeurs qu’il transportait se déclenchèrent, à 18 pieds – et l’explosion qui s’ensuivit alors fut pire que la première…

Dernières images de l’USS Hammann

  Les 2 autres torpilles pénétrèrent profondément dans le Yorktown pour exploser dans son ventre. Le bâtiment s’inclina une dernière fois, balançant par grappes les hommes d’équipage qui se trouvaient à bord. La plupart des 170 hommes de l’opération de récupération du Yorktown, furent recueillis à bord du dragueur de mines USS Vero.

Rescapés du Yorktown (à bord de l’USS Benham)

  Le Vero et plusieurs autres navires cerclèrent toute la nuit autour du porte-avion à l’agonie. À 5h30, le 7 juin 1942, le Yorktown était couché sur le flanc droit avec sa quille émergeant tristement. Bill pris des photos des derniers moments du Yorktown avec un appareil Fairchild.

  La Bataille de Midway était terminée. L’offensive Japonaise dans le Pacifique venait de subir un revers cuisant, la perte de 4 porte-avions l’Akagi, le Kaga, le Soryu et le Hiryu. Les croiseurs lourds Nikuma et Mugami, les destroyers Asahjo et Tawskace ainsi que le navire blindé Haruwa. 322 appareils Japonais et 2 155 hommes périrent dans cet engagement.

  La Flotte Américaine perdit le Yorktown et le destroyer Hammann, ainsi que 147 appareils. Ce fut une grande victoire Alliée et une terrible défaite pour toute la Marine Impériale Japonaise de l’Amiral Yamamoto. Un mois plus tard, ce fut le débarquement sur Guadalcanal.

Pendant que les troupes Américaines se battaient sur Guadalcanal, le Seconde Classe Willian G. Roy était en permission. Pendant qu’il se promenait sur Market Street à San Francisco, il repéra sur un écran de télévision un gros titre : Le Yorktown coulé à Midway ». « Je n’ai pas bien réalisé alors qu’ils passaient les images que j’avais tourné » dira Bill. Il a gardé le même petit sourire à cette évocation, 60 années plus tard…

Cet article de Don MOORE est paru pour la première fois dans le Charlotte Sun Newspaper, Port Charlotte, Floride. Il est reproduit ici avec autorisation. Traduction : Jean-Michel RIHET.

Une dernière image, avec de gauche à droite : Taisuke Maruyama qui pilotait un bombardier-torpilleur basé sur le porte-avion IJN Hiryu, et engagea le Yorktown. William G. Roy, Photographe embarqué sur le Yorktown et membre de l’équipe de sauvetage. Richard Best, pilote de bombardier qui attaqua l’IJN Hiryu…

Taisuke Maruyama – William Roy – Richard Best

  Dans les recherches de documentation, support essentiel à l’écriture d’un sujet entouré de clôtures historiques, où la précision de l’écrit se doit d’être fidèle à la réalité – autant que les prises de vues – se détachèrent rapidement des centaines de clichés sélectionnés, le travail réalisé entre 1941 et 1945 par Robert A. Tekulve, photographe de l’USMC.

  C’est son fils, Jon, qui a répondu à mon mail et m’autorise depuis à utiliser – by courtesy, selon la formule consacrée – les photographies de la collection personnelle de la famille Tekulve.

  Qu’il en soit, une fois de plus, remercié.

  La magie de ces images, c’est d’abord la qualité du grain, l’infini des détails, auquel s’ajoute le format (4 000 x 3 000px en moyenne),  procurant un rendu , même sur écran, exceptionnel. Et puis, bien sûr, les histoires qu’elles mettent en image.
   En dehors des conditions de travail difficiles (guerre du Pacifique), l’encombrant matériel embarqué utilisé parfois, les clichés possèdent cette magie d’une autre époque, l’argentique bien sûr, mais aussi la sensation d’une plongée dans le temps, avec une netteté absolue.

Robert A. TEKULVE – with Kodak Medalist II

KODAK Medalist II

Labo Photo

Impossible de ne pas suspendre à ce mur, le cadre où il trône, fier et imposant, le « 22 ».

Il n’a pourtant pas les lignes sveltes, les gracieuses courbures, la finesse ni même le glamour qui se dégagent d’autres silhouettes.

Il n’en possède pourtant pas moins l’Élégance.
Réputé comme lourd et fatiguant à mener, gourmand et grimpant vite en surchauffe, pas vraiment dans la lignée d’un Yearling, il fait davantage figure de Percheron fait pour labourer les sillons du Ciel…

« Pendant une de ces missions, un photographe de l’État Major à bord d’un de nos zincs, a fait des prises de vue. On nous voit, Rob et moi, souriants et fiers, verrières ouvertes, regardant la caméra du type avec des têtes de premiers de la classe. C’est une de ces trois photographies que j’ai toujours conservée. Rob avait commencé la décoration de son habitacle, en y plaçant une série de ces clichés dont il était très fier. »

(Douglas SBD 5 – by courtesy of Jon Tekulve – private collection)

« …
– Douglas Aircraft Cº – Scout Bombing Douglas
– SBD 5 – version améliorée d’un SBD 2 de 1941
– Équipage : 2 – pilote et radio-mitrailleur
– Moteur Wright Cyclone 1 200 ch
– Vitesse maximale de croisière : 520 km/h
– Envergure : 12,65 m
– Longueur : 9,95 m
– Hauteur : près de 4 m
– Poids à vide : 3 tonnes
Un bel appareil…
Je ne suis pas resté trop longtemps planté dans l’éclaboussure du soleil qui donnait d’un coup au lieu, non pas une nouvelle allure, mais une autre dimension. La vie qui passe sur ces endroits abandonnés laisse une empreinte particulière à l’espace retrouvé. J’ai mesuré alors un peu mieux la durée de ce temps écoulé et la longueur de cet oubli.
Je me suis avancé vers lui rapidement, habité par un sale mélange de regrets et de scrupules, liés à l’odeur âcre du passé qui émanait de l’endroit et poussé par cet élan de l’âme, du cœur et des tripes, celle qui propulse comme hors du temps l’instant des retrouvailles. Durant ces quelques mètres, une chose m’a frappé, pour la première fois, je ne reçus pas, comme avant, ces images rapides et superposées de notre histoire commune, assourdissantes de bruits, aveuglantes de flammes et tachées de sang.
C’était mon avion que je regardais. Plus un copain-de-guerre »

Jim et le « 22 » :

« Elle est très particulière cette relation entre un homme et une machine. Chacun peut la ressentir, simplement en regardant un pilote qui rejoint son appareil. C’est un curieux rituel qui alors se déroule. La cérémonie commence. Ils s’observent, se vérifient sous des couverts techniques dans un curieux échange, où l’un des deux acteurs garde une immobilité noble, illuminé un instant par l’éclat d’un reflet de métal qu’une main actionne. Le contact peut sembler froid, mécanique, vu du dehors. Néanmoins, si on les observe un peu mieux, on constate qu’ils se toisent par en dessous, s’évaluent, se calculent, se frôlent puis se touchent dans une procédure précise aux gestes répertoriés. Avec respect. Et avec élégance. Ce qui leur donne cette stature fière. Vient le moment où ils ne font qu’un. Ils s’arnachent, se branchent et se commutent, s’actionnent, s’articulent mutuellement, se greffent et fusionnent pour qu’enfin ils puissent grimper là-haut. Alors, ils plongent, virent, se renversent. Ils communiquent aussi, se parlent, hurlent parfois, mais se murmurent jusque dans le vacarme. Ils s’échauffent et se givrent dans la tempête, ils se poussent, se bousculent, se mesurent, s’essaient, s’épousent. Ces deux-là s’aiment, ça crève les yeux. »

Laisse le Vent du Soir Décider – Extrait

© Jean-Michel RIHET

À la manière de ces trainées de condensation capables de se transformer en nuages, les mots du Vieux possèdent ce pouvoir de l’impact dans le temps. Il porte à lui seul, toute la part énigmatique d’un livre. Ici, pas de « personnage-clef », le Vieux est LA clef de l’histoire, celle qui ouvre les cloisons de l’univers de Jim.

  Mystique peut-être, spirituel sûrement, Guide sans aucun doute.

  Le Vieux, préférant qu’on l’appelle ainsi « Tout d’abord, cela ne me gène pas « le Vieux », je considère cela comme une marque de respect et tu es assez intelligent pour en saisir la nuance, le ton employé, lorsque tu m’appelles ainsi. Tu peux donc continuer. Mon nom importe peu. », est le personnage qui a donné une grande part de l’âme de Laisse le Vent... plus encore : il signe le passeport de l’ouvrage à venir, le fameux (à suivre…) de la fin du tome 1.

… Il est aussi mon Grand-Père.

« Pour la première fois, je l’ai regardé vraiment. Sans les vapeurs d’alcool qui emprisonnaient ma vue, en déformant le monde que je refusais de voir, loin des vociférations d’Alvarado, hors de la folie. Je détaillai son visage avec attention, découvrant ses traits, la mobilité de ses yeux, ses gestes, son attitude, l’intelligence et la sagesse qui se dégageaient de lui. « 

« … Attends, je vais te dire quelque chose, tu en feras ce que tu voudras. Parfois, à l’approche de réaliser un rêve, le doute s’empare des hommes, il s’installe et paralyse peu à peu les sentiments, déforme même les émotions. La peur est un venin mortel, gamin. Le premier ennemi de l’humanité. Capable de se diffuser sous bien des formes, souvent insignifiantes… Telles que la fatigue ou l’ennui, par exemple, mais le doute… ah… le doute ! Pourtant, là se trouve le champ de bataille où l’homme et sa peur peuvent s’affronter, car rien n’est joué : l’espoir et la confiance de l’homme équilibrent les forces. Sers-t’en ! Si la meilleure façon de terrasser son ennemi, c’est d’utiliser les mêmes armes, alors bats-toi contre le doute ! Fais douter la peur.
— Je ne suis pas sûr de bien te comprendre.
— C’est parce que tu doutes ! Ah, ah, ah ! Jim, tout ce que tu as vu, senti, entendu aujourd’hui, sont les images, les odeurs et les bruits de ta vie d’avant. L’armée, la guerre… la peur. Quoi de plus normal d’être soudainement déstabilisé ? Tu es un homme courageux, bien plus que tu ne le penses. Tu as décidé que ta vie valait davantage que l’alcool des bars sur Alvarado, parce qu’au fond de toi, tu sais que ce n’est pas ta place, que tu mérites mieux, et qu’il y a encore quelque chose à faire de ta vie. Aucun doute n’a de prise sur cette décision, car si la peur est présente dans chacune de nos respirations, elle nous maintient en vie d’une certaine manière. Le doute, quand à lui, est tout simplement inexistant, face à une telle volonté. Mais il est comme un grain de poussière dans ton œil, capable, en un instant, de troubler l’univers entier. »

Laisse le Vent du Soir Décider – Extrait.

© Jean-Michel RIHET.

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